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Ha-Tzofeh
Fréquence: trois fois par semaine (1937); quotidien (1937-2007); hebdomadaire (2007-2008)
Langue: Hébreu
Période:
1937 - 2008
Section:
Lieu de publication: Tel-Aviv (Palestine/Eretz-Israël)
Rédacteurs: Le rabbin Meir Bar-Ilan (Berlin) – 1937-1949 ; Shabtai Don-Yehiya (Sh. Daniel) – 1949-1981 ; Moshe Ishon – 1981-1997 ; Gonen Ginat – 1997-2007


Le journal Ha-Tzofeh a été fondé le 3 aout 1937 (23 du mois d'Av 5697) par le rabbin Meir Bar Ilan (Berlin), militant sioniste et l'un des dirigeants du mouvement Ha-Mizrahi, qui en fut le rédacteur en chef. Il devait servir de porte-parole au mouvement. Le parti sioniste religieux Ha-Mizrahi fut créé en 1902 à l'instigation du rabbin Yaakov Reiness, ainsi que d'autres rabbins sionistes religieux, suite à la décision du Congrès sioniste de se consacrer à l'éducation sioniste laïque, et il opéra dans le cadre de la Fédération sioniste; après la création de l'Etat, dans les années cinquante, Ha-Mizrahi fusionna avec Ha-Poel Ha-Mizrahi, donnant naissance au parti national religieux Ha-Mizrahi-HaPoel Ha-Mizrahi (le Mafdal), dont Ha-Tzofeh fut le porte-parole jusqu'en 2003. Au début, le journal portait sous son titre l'inscription : "Journal du mouvement Ha-Mizrahi mondial ". 

En tant que journal de parti, Ha-Tzofeh se comporta à ses débuts selon la tradition de la presse de parti d'Europe de l'est, et comme les autres journaux de ce type, tels que Davar et Al Ha-Mishmar, fut soumis au contrôle des institutions du parti, qui nommaient le rédacteur en chef et les responsables des postes clés, étaient financés par les organismes proches de ces institutions; et sa politique de publication, tant pour la couverture journalistique que pour les commentaires et les articles d'opinion, était adaptée aux besoins du parti. En bref, le journal servait d'intermédiaire entre la direction du mouvement, ses militants et son public cible. En raison des contraintes économiques, Ha-Tzofeh, tout comme les autres journaux de parti de ces années-là, n'a pas développé au début un réseau sophistiqué de collecte de l'information, et recevait la plus grande partie de ses renseignements des agences de presse ainsi que des lettres des militants impliqués dans les deux principaux combats du mouvement: Le combat externe pour le camp national juif et le combat interne contre les communautés ultra-orthodoxes. 

A ses débuts, le journal comptait 3000 tirages par jour, la plupart allant aux abonnés. A titre de comparaison, lorsque Yediot Aharonot en 1939, devint un journal du soir appartenant à un propriétaire privé, il tirait 6000 exemplaires. En 1947 (au mois d'Adar 5707), fut fondé le journal Ha-Tzofeh LeYeladim, le premier journal religieux pour enfants en Palestine/Eretz-Israël, qui connut une longue publication. 

A la période du mandat britannique, Ha-Tzofeh préconisa la création d'un Etat juif, adapté aux lois de la Torah; de même après la création de l'Etat, il exigea que l'éducation juive repose sur des bases religieuses et traditionnelles, et demanda que les textes sacrés et rabbiniques soient au centre des programmes d'études. Les premières décennies de l'existence de l'Etat d'Israël constituèrent une période importante dans la vie du journal, les partis Ha-Mizrahi et Ha-Poel Ha-Mizrahi faisant alors partie de la coalition gouvernementale dirigée par le Mapaï et occupaient des postes clé, comme la direction du Département de l'Immigration de l'Agence juive, les ministères de l'Intérieur et de la Santé etc. Ce furent des années de lutte pour la formation de la société et de la culture du jeune Etat juif, et les partis religieux nationaux se trouvèrent en conflit avec le parti laïc au pouvoir, malgré leur alliance politique avec lui. Cet antagonisme s'exprima par une suite de controverses, comme par exemple celle sur la question de l'éducation des immigrants des pays orientaux, l'affaire des dédommagements d'Allemagne, les dimensions de l'immigration en provenance des divers pays et ses priorités, la question de savoir "Qui est juif?" etc. Ha-Tzofeh, en tant que porte-parole de partis au centre de la scène politique constitue en cela une source importante d'information sur l'histoire de l'Etat. 

Après la guerre des Six jours, le fossé entre la majorité laïque du camp de la gauche et les nationaux religieux se creusa. Ces derniers évoluèrent vers la droite, et Ha-Tzofeh, qui continua d'exprimer leur position idéologique les suivit. Ses pages se firent même l'écho des positions du Goush Emounim. Simultanément, des clivages sont apparus au sein des anciens partis au pouvoir qui s'affaiblirent, ainsi que l'ancienne presse de parti. Ha-Tzofeh refléta également ces processus de même que le renversement politique de 1977, le désistement des nationaux religieux de leur alliance avec la gauche sioniste, et leur prise de position à l'autre extrémité de l'éventail politique, aux côtés de la droite sioniste laïque et à la tête du mouvement des implantations. Tout ceci en parallèle avec la désintégration de l'unité politique qui les avait caractérisés pendant les premières décennies de l'existence de l'Etat. En 1976, la publication par le journal d'une information au sujet de la cérémonie de réception des premiers avions F15 de l'armée de l'air israélienne qui devait se dérouler à l'ouverture du shabbat, provoqua l'abstention de deux des ministres du Mafdal lors du vote de confiance, et la dispersion de la Knesset. De même, il se fit largement l'écho de la théorie de la conspiration au sujet du meurtre d'Itzhak Rabin, et conduisit le procureur à assigner en justice Avishaï Raviv, agent du département juif des Services généraux de Sécurité, qui était en contact avec Yigal Amir avant le meurtre de Rabin. 

En 2003, Ha-Tzofeh fut racheté par les hommes d'affaires Shlomo Ben Zvi et Ron Lauder, et cessa d'être le porte-parole du mouvement Mafdal, mais conserva sa spécificité nationale religieuse, de même que le profil de faucon de droite qu'il avait adopté depuis le renversement politique de 1977. Le 25 avril 2007, le quotidien fusionna avec le journal Makor Rishon et fut fermé en tant que journal indépendant. 

La fermeture du journal se fit à la fois dans le cadre de la crise de la presse écrite du début du 21e siècle, et de celles que connut le sionisme religieux en général, et en particulier la disparition du Mafdal. De même, la fermeture du journal en 2008, et en fait déjà sa vente en 2003 marquèrent la fin de l'ère de la presse de parti.

 

 

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5 795 Publications
26 936 Pages
Entre les années: 1937-1953

 

Ce matériel forme partie des collections des institutions suivantes:

La Bibliothèque nationale d’Israël

 

État de la copie: Bon
La copie du microfilm est en très bon état. Il y a parfois de légères altérations, en raison du mode de stockage du journal.