Hed Ha-Mizrach – La voix du judaïsme séfarade [Hébreu]

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Hed Ha-Mizrach – La voix du judaïsme séfarade [Hébreu]
Fréquence: bimensuel (1942-1944) ; hebdomadaire (1944-1950) ; variable (1951).
Langue: Hébreu
Période:
1942 - 1944
, 1949 - 1951
Lieu de publication: Jérusalem (Palestine/Eretz Israël)
Rédacteurs: Eliahu Elishar (rédacteur en chef, 1942-1944, 1949-1951) ; David Siton (1949-1951).

Le premier numéro de Hed Ha-Mizrach vit le jour le 10 juin 1942, et la revue parut deux fois par mois de façon continue jusqu’en février 1944. De mars à décembre 1944, date de l’interruption de la publication, elle parut chaque semaine. La parution reprit en janvier 1949, sur une base hebdomadaire, jusqu’à la fin de 1950. En 1951 parurent 6 numéros, en janvier, février et juillet. 

Pendant ses treize premiers numéros, la revue s’appelait Ha-Mizrah – la voix du judaïsme séfarade ; et le titre Ha-Mizrah était également imprimé en arabe et en anglais ; sa rédaction était située à Jérusalem. A partir du numéro du 15.1.1943 la revue s’intitula Hed Ha-Mizrach – la voix du judaïsme séfarade, le titre Hed Ha-Mizrach étant traduit en arabe et en anglais. Son premier numéro comprenait 16 pages, et la plupart des numéros suivants conservèrent à peu près ce format, jusqu’aux derniers numéros de la revue, dans lesquels la quantité de pages fut réduite. 

Lorsque reprit la parution de la revue le 7.1.1949, pendant la guerre, la citation d’Isaïe « pour Jérusalem je ne me tairais point » apparaissait dans le coin supérieur gauche du journal, le nom de la revue n’était plus traduit en arabe et en anglais, et à la place du sous-titre «La voix du judaïsme séfarade », apparut la mention « hebdomadaire populaire indépendant ».   Le premier numéro de la seconde période de parution de la revue se terminait par la campagne de « la liste séfarade et des orientaux », et les numéros qui suivirent affichaient le slogan de la liste électorale : « N’oubliez pas : Votre bulletin de vote porte la lettre S ». 

Le rédacteur en chef de la revue était Eliahu Elishar, président du comité de la communauté séfarade de Jérusalem, et député à la première et la deuxième Knesset des factions parlementaires « Séfarades et communautés orientales » et « Les sionistes généraux ». En plus d’Elishar, la rédaction comprenait également Abraham Elmaliah et David Siton, qui participèrent activement au journal (entre 1942 et 1944, les noms des membres de la rédaction n’étaient pas mentionnés dans la revue elle-même, seule l’adresse de la rédaction apparaissait). Lorsque la revue reparut en 1949, Eliahu Elishar en devint le rédacteur en chef, David Siton le rédacteur général, et quatre autres journalistes furent définis comme des participants permanents : Abraham Elmaliah, Moche Carmon, Yossef Rivlin et Chalom Schwarz. L’éditeur fut Moche Lévy Nahum jusqu’au 15.1.1943, et à partir de cette date, Eliahu Elishar le remplçat et fut aussi responsable du contenu de la revue sur le plan légal. La revue fut fermée définitivement en raison du manque de financement. David Siton devint par la suite le rédacteur de la revue Ba-Ma'arakha qui fit en quelque sorte suite à Hed Ha-Mizrach. 

Dans le premier numéro il était écrit : « la création de cette tribune va bien sûr éveiller de nombreuses questions; pourquoi une journal supplémentaire, quel est son but ? Reste-t-il une place pour une nouvelle tribune parmi celles nombreuses qui existent déjà chez nous ? Ne va-t-elle pas provoquer un schisme supplémentaire, venant se superposer à la séparation qui existe déjà entre nous ? A ces questions, nous pouvons répondre : pendant des années, le judaïsme séfarade de Palestine n’avait pas d’organe spécifique, qui exprime ses idées et énonce ses souhaits. Il était toujours invité à la table des autres…L’unité sera impossible et n’existera pas tant que toutes les parties du Yishuv n’auront pas droit à l’égalité totale ». La revue définit le public au nom duquel elle s’exprimait comme « les séfarades et les membres des communautés orientales ». 

Dans le 14e numéro de la revue, lorsqu’elle devint Hed Ha-Mizrach, on y écrivit : « le fort écho de l’organe du judaïsme séfarade, non seulement en Palestine, mais également dans les pays de la Diaspora orientale, font de l’existence de cette plateforme une nécessité véritablement vitale pour le judaïsme séfarade et les membres des communautés orientales qui était jusqu’à présent plongées dans un silence absolu. Les 13 numéros qui parurent jusque là sous le nom de Ha-Mizrah, constituent une preuve suffisante pour tous ceux qui ont montré des hésitations et des doutes à la création du journal ; car celle-ci a le droit de vivre parce qu’il y a matière à s’exprimer et se faire entendre aux oreilles de ce public et en son nom ». Le changement de nom de la revue fut lié également au passage du journal de l’imprimerie Hoshen, à Jaffa, à celle d’Azriel, à Jérusalem, et au changement d’éditeurs de Moshé Lévy Nahum et ses fils à Eliahu Elishar, rédacteur en chef. 

Dans le numéro du 21.1.1949, cherchant à expliquer la raison de la candidature de la liste séfarade aux élections de la première Knesset, Eliahu Elishar écrivit ces propos, qui concordent avec les fondements de la revue : « nous souhaitons le rassemblement, l’unification et la suppression des divisions communautaires ; tant que toute une partie du peuple d’Israël ne participe pas à l’ensemble de l’organisation de la vie de l’Etat ; tout comme par le passé elle était exclue de celle de la société et du mouvement sioniste, il existe un danger que les clivages communautaires, non seulement ne disparaissent pas, mais qu’ils grandissent et que la scission ne devienne malheureusement une réalité permanente ! ». 

Le dernier numéro de la revue, en date du 20.7.1951, à la veille des élections de la deuxième Knesset, s’ouvrait sur ces propos d’Eliahu Elishar : «Il est de fait qu’il existe dans l’Etat d’Israël des discriminations entre les communautés, et «  une hégémonie ashkénaze ». De larges cercles voient avec inquiétude la croissance de la communauté séfarade et orientale en Israël et quelques uns osent même développer par écrit les moyens à adopter pour empêcher qu’une telle majorité ne marque de son empreinte l’ensemble du pays ». Dans ses propos, il signale également les communautés séfarades représentées par son parti, ainsi que par la revue: les immigrants d’Irak, d’Egypte, de Turquie, de Bulgarie, du Maroc et d’Afrique du nord, d’Iran, de Grèce ainsi que les séfarades anciennement installés en Palestine. 

La revue traitait en détail de tous les sujets concernant la population juive de Palestine et le mouvement sioniste, puis l’Etat d’Israël, en analysant la place des Séfarades, et la situation des rapports ashkénazes-séfarades ; de même la revue consacrait une large place aux événements des pays arabes voisins et des communautés juives de ces pays, ainsi qu’à la culture orientale et séfarade. Des nombreux numéros comprenaient des articles sur des personnages du monde oriental, et des personnalités juives du passé et du présent (par exemple la célébration du millénaire du Rabbin Se'adia Gaon, ou de « Sol la Sainte» – liée au folklore juif marocain), de même que des personnages non juifs. Par ailleurs, la revue accorda une place au débat sur la situation des communautés juives spécifiques des pays orientaux, et aux phénomènes particuliers en leur sein, comme la place des Juifs dans la littérature arabe. La revue traitait fréquemment des relations séfarades-ashkénazes en Palestine et dans l’Etat d’Israël, et de la question de la discrimination des séfarades et de la domination ashkénaze dans la majorité des institutions, de même que des questions sociales spécifiques, comme les problèmes de l’éducation, ou des phénomènes des enfants des rue. Les questions de politique intérieure locale ou israélienne préoccupèrent également la revue, comme l’élection du grand Rabbin, et bien sûr la participation des membres de la rédaction de la revue, et à leur tête Eliahu Elishar, à la vie politique et aux diverses campagnes électorales. La revue comprenait des rubriques de littérature (dont des traductions de l’écrivain égyptien Toufik Elhakim), de poésie et de linguistique, et s’efforça de présenter la culture séfarade et orientale, en publiant par exemple des traductions de Moshé Attias, lié au folklore judéo-espagnol, ou les propos d’Abraham Ben-Yaakov, appartenant au folklore oriental. La revue comportait également des informations sur la Shoah et sur la guerre, et des rubriques funéraires et de souvenir. Autres écrivains qui contribuèrent à la revue : Moshé David Gaon, Yaakov Tolédano, Itzhak Lévy, Josef Meiuhas, Ben Zion Meyer Hai Ouziel (qui fut le Grand Rabbin sépharade), Josef Rivlin, Yehouda Ratsabi et d’autres. 

La revue adopta une ligne modérée au sujet du conflit arabo-sioniste, affirmant toujours la nécessité de la discussion avec la partie arabe ; le dialogue, affirmait-elle, doit prendre appui sur l’élément juif séfarade arabophone, à l’opposé des réticences ashkénazes (interprétées plus d’une fois comme de l’arrogance) à l’égard du dialogue et de l’ouverture vers le monde arabe. Dans ce sens, le titre du journal, d’abord « Ha-Mizrah », puis « Hed Ha-Mizrach », témoignait d’une orientation, à la fois dans les relations séfarades-ashkénazes, et dans les relations du mouvement sioniste avec son environnement. La revue chercha à donner une voix aux séfarades de la population juive de la Palestine mandataire, puis aux diverses communautés orientales de l’Etat d’Israël, et à servir de tribune au débat sur les évènements du monde arabe, afin de porter ces thèmes à la conscience du lecteur hébraïque, et d’équilibrer un peu l’orientation dominante parmi les Ashkénazes. Cette ligne modérée fut adoptée tant par la rédaction qui reflétait la position personnelle déclarée d’Eliahu Elishar, et par les invités écrivant dans les colonnes du journal, comme par exemple Yehouda Leib Magnes, premier président de l’Université hébraïque de Jérusalem et homme de « l’alliance pour la paix », qui appelait à la création d’une fédération judéo-arabe en Palestine. 
 
Mots clés:
Jérusalem
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182 Publications
2 669 Pages
Entre les années: 1942-1951

 

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