Ha-Zefira [Hébreu]

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Ha-Zefira [Hébreu]
Fréquence: hebdomadaire (1862-1886, 1917-1919) quotidien (1886-1916, 1918-1931)
Langue: Hébreu
Période:
1874 - 1906
, 1910 - 1921
Lieu de publication: Varsovie (Pologne); Berlin (Germany)
Rédacteurs: Haïm Zelig Slonimski (fondateur), Nahum Sokolov, Yossef Haïm Hauptman, Yitzchak Nissenbaum, Yeruham Fishel Lachower (1883-1947), Yitzhak Greenbaum, Shmuel Rosenfeld, Azriel Nathan Franck

 

«Ha-Tsfira», premier journal en hébreu paru en Pologne sous la domination russe, l’hebdomadaire a été fondé en 1862 à Varsovie par Haïm Zelig Slonimski; les événements survenus lors de la révolution polonaise en 1863 et le fait que Slonimski soit devenu inspecteur du séminaire rabbinique de Zhitomir ont entraîné la disparition du journal après 6 mois d'activité et la parution de 25 numéros seulement. En 1874, Slonimski a réussi à relancer la parution de «Ha-Tsfira» à Berlin, un an plus tard le journal a été transféré à Varsovie où il a continué à être édité jusqu'à sa fermeture. En 1886, «Ha-Tsfira» est devenu quotidien de façon ininterrompue pendant 20 ans et à partir de 1906, sa parution a connu des interruptions (sous des formats différents) jusqu'à sa fermeture en 1931.
 
Lorsqu'il était hebdomadaire, «Ha-Tsfira» comptait 2500 abonnés ; comme quotidien et plus particulièrement sous la seule direction de Sokolov en 1894, le nombre d'abonnés est devenu de plus en plus important et a atteint les 10,000.
 
«Ha-Tsfira», était le fruit de l'idéal intellectuel de son fondateur et rédacteur et avait pour but de diffuser au sein de la communauté juive la connaissance des sciences utiles. Diplômé du séminaire traditionnel, Slonimski était considéré dans sa jeunesse comme un prodige, c'était un scientifique autodidacte, un inventeur doué ayant publié des ouvrages (en hébreu et en allemand) dans le domaine des mathématiques et de l'astronomie, faisant de lui un personnage vénéré parmi les juifs de l'empire tsariste et une personnalité importante au sein de l'intelligentsia en Russie et en Allemagne. Profitant de sa renommée dans le monde de l'édition, Slonimski a voulu développer une revue qui servirait à dispenser un enseignement conforme aux idées de la Haskalah en hébreu simple et clair, destinant le journal au public relativement important de personnes sachant lire l'hébreu dans les communautés juives.
 
Slonimski était un intellectuel tourné vers l'occident, il admirait la culture allemande et exprimait ouvertement ses réserves concernant la philosophie russe. Le caractère orthodoxe de la plupart des lecteurs potentiels de son journal et sa propre tendance à éviter toute polémique et querelle, a conféré à «Ha-Tsfira» une ligne très modérée, lui permettant de se concilier les bonnes grâces des milieux ultra orthodoxes mais a neutralisé toute expression de conception idéologique.
 
Slonimski ne s'intéressait pas à la politique, il refusait de publier de la littérature ou de la poésie. Il souhaitait qu'«Ha-Tsfira» s'en tienne strictement à l'enseignement scientifique. Certains voient sa plus grande contribution dans la création d'un nouveau type de discours en hébreu. Les articles de vulgarisation scientifiques devenus le label préféré de «Ha-Tsfira» à son époque, ont pour la première fois favorisé une discussion «hors textuelle» modifiant le discours traditionnel «in-texto», sophistiqué, ne dépassant pas les limites du texte religieux et la pensée religieuse dans sa tentative de trouver des réponses à diverses questions. Son discours laïc-moderne en hébreu a posé les bases permettant de passer à un discours politico-national.
 
Au début des années 80, lors de son 70e anniversaire, Slonimski a graduellement réduit ses activités dans le journal, particulièrement depuis qu'il a engagé Nahum Sokolow (1859-1936) comme rédacteur. Sokolow saura faire de «Ha-Tsfira» le journal le plus important de l'Empire tsariste au début du 20e siècle, et deviendra lui-même l'un des personnages dominants du monde de la presse hébraïque de l'époque. Natif de Wyszogród en Pologne, Sokolow a reçu une éducation traditionnelle au foyer de ses parents ainsi que dans diverses communautés hassidiques, en même temps qu'une éducation laïque qu'il a acquise dans une grande mesure par lui-même. Avant ses 23 ans, il maîtrisait déjà 8 langues et dès sa jeunesse il a commencé à écrire dans la presse en hébreu. Il a rejoint l'équipe de «Ha-Tsfira» pour la première fois en 1880 et y a progressé jusqu'à ce qu'il succède à Slonimski devenu vieux, et qu'il soit le seul dirigeant de «Ha-Tsfira» (1894-1916). Sokolow a réalisé la plupart des améliorations de «Ha-Tsfira» et était l'initiateur du passage du journal au format quotidien. L'un de ses nombreux points forts était sa capacité à expliquer dans un hébreu simple, des idées complexes couvrant une très large gamme de sujets ; sa contribution qui a permis d'élargir la conscience et la compréhension politique des lecteurs, a été déterminante.
 
Sous la direction de Sokolow, la ligne idéologique de «Ha-Tsfira» était modérée et réservée. En particulier pour tout ce qui concernait les "questions brûlantes" de l'époque (nationalisme, migration, installation etc...). Ce courant s'opposait au réel enthousiasme de «Ha-Magid» (du temps de Gordon) et «Ha-Melitz» dans leur soutien au «Hibat Zion» et à la population d'Eretz Israël. Au début, Sokolow émettait ses réserves quant à Herzl et à son livre «Altneuland», mais lorsqu'il a rencontré Herzl lors du premier congrès sioniste (où il a été invité en raison de son statut et son influence dans le monde de la presse), il s'est attaché à l'idée sioniste et a transformé «Ha-Tsfira» en porte-parole officiel du mouvement sioniste. Sokolow a même débuté sa carrière politico-commerciale dans le cadre d'institutions du mouvement, ce qui l'a conduit à la fin de sa vie, à remplir le rôle de Président de l'Organisation Sioniste pendant deux mandats consécutifs (1931-1935).
 
Les deux premières décennies du 20e siècle ont marqué l'apogée de «Ha-Tsfira» du point de vue de sa diffusion et il est devenu le principal journal en hébreu dans l'Empire russe. Une grande production littéraire s'y est développée ; ses colonnes et suppléments littéraires ont servi de tribune pour la publication des œuvres de grands écrivains tels que Shalom Ash, Uri Nissan Gnessin , Miha Yossef Berdichevsky , David Poleg, Yaakov Steinberg, Dvora Baron, H.N. Bialik et Samuel Joseph Agnon
 
A la fin de la première guerre mondiale le journal a dû faire face au départ de ses principaux rédacteurs, à la diminution du nombre de ses lecteurs et à des difficultés économiques grandissantes qui ont finalement abouti à sa fermeture définitive en 1931.
 
 
Mots clés:
Varsovie,
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With the support of: The Institute for the History of Polish Jewry and Israel-Poland Relations

 

Publications disponibles sur le site:
9 199 Publications
44 983 Pages
Entre les années: 1862, 1874-1906, 1910-1921, 1926-1928, 1931

 

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