Herut

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Herut
Fréquence: quotidien
Langue: Hébreu
Période:
1948 - 1965
Pays: Israël
Lieu de publication: Tel-Aviv (Israël)
Rédacteurs: Yohanan Bader (1948-1949) ; Ya’qov Rubin (1949-1953) ; Yosef Vinitzky (1953-1957) ; Izik (Isaac) Remba (1957-1965).


Herut était le quotidien du parti du même nom, fondé le 15 mai 1948, un jour après la création de l’Etat d’Israël, sur les bases de l’organisation clandestine surnommée Irgoun(ETSeL en hébreu, acronyme d’Organisation Militaire Nationale). Le nom du journal reprenait celui de l’organe de l’organisation clandestine, Herut, publié pendant six ans, de mars 1942 à mai 1948 – date de la dislocation de l'Irgoun et de la création du parti. Le premier numéro du quotidien parut le 3 octobre 1948. Sa publication faisait partie des mesures de consolidation du parti en vue des premières élections dans le cadre du jeune Etat : celles de l’Assemblée constituante (la première Knesset), fin janvier 1949. La raison principale de cette parution fut le désir de Menaḥem Begin, dirigeant du Parti, de donner au Mouvement un organe qui traduise son esprit spécifique. Autre raison : la volonté des membres du Herut, dont la majorité étaient des anonymes ayant vécu de nombreuses années dans la clandestinité, de se faire connaître du public. Sous le titre du journal furent inscrits quatre slogans, qui exprimaient les principes de base déclarés par le mouvement : « Pour l’intégralité de la patrie – Pour le rassemblement des communautés exilées – Pour la justice sociale – Pour la liberté de l’homme ». La création du journal fut conçue comme une sorte « d’entreprise du parti » obligeant tous ses membres : chacun d’entre eux s’engagea à apporter deux nouveaux abonnés au journal. La plupart des journalistes qui écrivirent dans le journal venaient de la rédaction de ha-Mashqif, le quotidien du Sionisme révisionniste (ha-TSoHaR), ancien parti du mouvement du même nom, fermé quelques mois plus tard, en mai 1949. Le principal d'entre eux était Shalom Rosenfeld, secrétaire de rédaction de ha-Mashqif qui devint secrétaire de la rédaction du nouveau journal (Rosenfeld passa plus tard au Ma’ariv, dont il devint le rédacteur en chef). Les fondateurs du journal ne se contentèrent pas de créer un nouveau journal de parti lu par ses adhérents uniquement (comme il en existait un nombre non négligeable dans l'Etat d'Israël de 1948), ils adoptèrent un but plus ambitieux: s'adresser au grand public. Dans une large mesure, ce but était identique à celui des fondateurs du mouvement Herut: s'adresser à des couches étendues du public, au-delà des partisans traditionnels du mouvement. Parmi les rédacteurs, on comptait les dirigeants du parti Herut, et à leur tête Menahem Begin, dont les discours furent publiés intégralement dans le journal, Yohanan Bader, qui y écrivit régulièrement, et Yosef Shofman. De même y écrivirent des personnalités dont les positions étaient plus radicales que celles des dirigeants, comme Kalman Katznelson, Abba Ahiméïr (dont certains des articles furent publiés sous le nom de plume "Abba Siqra"), Shmuel Katz et Shmuel Merlin. 

Les numéros commençaient généralement par un éditorial et des actualités du monde entier. Le journal comprenait des commentaires politiques, des informations concernant le mouvement, une rubrique de recherche de proches et une autre sur les actualités des sections du Betar (le mouvement de la jeunesse du Sionism révisionist). Les numéros du vendredi étaient plus épais, et contenaient un supplément littéraire et artistique qui publiait des critiques de pièces et de livres, de même que des poèmes et des monographies, comme par exemple celle en épisodes de Ze’ev Jabotinsky par Jacob Weinshall, ou les poèmes d'Uri Zvi Grinberg. Sans oublier également la rubrique des devinettes et des mots croisés d'Hillel Hershoshanim. 

Herut fut en première ligne des combats politiques et idéologiques dans lesquels fut mêlé le mouvement Herut. Un des exemples les plus marquants et caractéristiques fut celui des réparations venues d'Allemagne. Des slogans contre les contacts avec l'Allemagne furent publiés en première page du journal, qui contenait en outre des articles et des éditoriaux caustiques contre les réparations. On y affirmait, par exemple, que le gouvernement avait besoin de l'argent de l'Allemagne pour survivre. Après la manifestation à Jérusalem organisée par le mouvement du Hérout le jour de l'ouverture du débat sur les réparations à la Knesset (le 7 janvier 1952), le journal prit la défense des manifestants, et attaqua violemment le régime et la police pour les avoir dispersés. Le ton général du journal à cette période décrivait le mouvement du Herut comme l'innocente victime d'une sombre tyrannie. Le numéro du 8 janvier 1952, par exemple, titrait en gros: "Le gouvernement de Ben Gurion a utilisé des grenades et des gaz pour faire s'abattre la honte sur son peuple". Le sous-titre insistait sur le fait que les "grenades étaient fabriquées en Allemagne". 

Autre exemple des combats du journal: sa position sur la politique d'immigration d'origine d'Afrique du nord; il s'opposait à la fixation de quotas du nombre d'immigrants pour chaque pays, à la rigueur des examens médicaux pour les candidats à l'immigration et à leur élimination sur la base de leur âge ou de leur situation de santé. En été 1955, alors que la tension au Maroc était à son comble, le journal organisa un "procès public" au MaPAY autour de cette question dans le quartier de ha-Tiqwah, un de ses bastions à Tel-Aviv. On peut encore citer son opposition à Ben-Gurion pendant "l'affaire Lavon", dans les années 1960-1961. Après le licenciement de Pinhas Lavon de ses fonctions de secrétaire de la Histadrut, par la direction du parti MaPAY, Herut titra à la une: "la majorité du MaPAY s'est inclinée devant l'idole en fureur : Lavon sera sacrifié à Ben-Gurion" (5 février 1961). Au milieu des années cinquante, dans le cadre de sa tentative de viser un public plus large, le journal entrepris de développer des rubriques non politiques. Une rubrique féminine et familiale vit le jour, proposant des recettes de cuisine et des conseils pour la maîtresse de maison dans divers domaines, comme "le budget et la comptabilité du ménage". De même, fut lancée une rubrique scientifique appelée "La science au service de l'homme", qui présentait aux lecteurs les innovations technologiques. Les rubriques de sport et d'art furent développées, de même que les critiques de films et de livres. Les rédacteurs du journal étaient nombreux et divers; en plus de ceux déjà rappelés, on peut citer les anciens sionistes révisionnistes Yosef Vinitzky et Ze’ev von Weisl. Dans les années soixante se joignirent au journal des jeunes dont certains devinrent par la suite des figures centrales sur la scène publique et médiatique, comme Shlomo Nakdimon ("Naqdi "), Shmuel Schnitzer, Yoel Marcus, Arye Naor, Eitan Haber et Dan Margalit. Le journal fut fermé le 31 décembre 1965 à la suite de la création du GaḤaL (Gush Herut Liberalim – Bloc Herut- libéraux) en avril 1965. Il fut décidé de fermer les deux journaux des partis qui se regroupèrent (Herut et ha-Boqer, l'ancien quotidien du parti libéral). La principale raison de cette mesure était économique: il était difficile d'assumer la publication de deux quotidiens. A la place, on créa un journal commun aux deux partis: ha-Yom (Le Jour). Son rédacteur en chef était Yitzḥak (Ijo) Rager. Le nouveau journal fut fermé au bout de quatre ans, le 31 décembre 1969. 

Prof. Yechiam Weitz 

 

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l'Institut Jabotinsky en Israël 

 

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27 015 Pages
Entre les années: 1949-1964

 

Ce matériel forme partie des collections des institutions suivantes:

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État de la copie: Bon
Le microfilm est en très bon état. Il existe parfois des problèmes dont l'origine provient des conditions de stockage du journal: traces de pliure et reflet du texte de la page opposée.