Al Ha-Mishmar

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Al Ha-Mishmar
Fréquence: Quotidien
Langue: Hébreu
Période:
1943 - 1995
Lieu de publication: Palestine/Eretz Israël
Rédacteurs: Mordechai Bentov (1943-1948), Eliezer Péri (1948-1969), Jacob Amit (1969-1974), Ḥayyim Shor (1974-1980), Mark Marc Gefen (1974-1984, 1987-1988), Sever Plotzker (1984-1987), Zvi Timor (1989-1995)

 
Le premier numéro de Mishmar ("Garde") est sorti le 30 juillet 1943. Sa parution marquait la fin d'un long processus, dont la majeure partie s'était déroulée sur la scène politique juive de Palestine. Mishmar était l'organe politique du Kibboutz Artzi, lui-même fondé par le mouvement Ha-Shomer Ha-Tzaïr ("La jeune garde"). Ce dernier, de même que plus tard le Kibboutz Artzi lui-même, avait bien eu ses organes de presse depuis la fin des années vingt, mais il s'agissait de revues mensuelles ou hebdomadaires. Á partir de 1925, le journal Davar, porte-parole du syndicat général, la Histadrout, et sur la scène politique, de la Ligue pour la Palestine ouvrière, organisation générale de la gauche sioniste, avait rempli le rôle de quotidien. Il exprimait en fait les positions du parti hégémonique en Israël, le Mapaï. Jusqu'à l'été 1939, une hypothèse était en vigueur au sein du Kibboutz Artzi, selon laquelle la Shomer Ha-Tzaïr aurait pu rejoindre le Mapaï tout en conservant son statut autonome. En été 1939, il s'avéra qu'elle n'était pas fondée. Á l'assemblée générale tenue par le Kibboutz Artzi en 1942 à Mishmar Ha-Emek, il fut décidé de créer un parti indépendant qui serait fondé sur le kibboutz, et comme premier pas, celui-ci lança son propre journal quotidien. La parution prévue de Mishmar suscita angoisse et oppositions au sein du camp religieux et orthodoxe. Celui-ci se considérait comme lésé et affaibli à la suite de l'affaire des "enfants de Téhéran" et la nouvelle parution, d'après les rédacteurs de l’organe du sionisme religieux, Ha-Tsofe, serait "le quotidien des convertis ayant pour but de provoquer, d'attaquer la religion par principe et comme par habitude… ce nouveau journal… montera la 'garde du reniement des principes de base du judaïsme". 
 
Le journal parut un an plus tard. Il perpétuait le nom du mouvement par son titre et portait en sous-titre le résumé de ses idées: "Pour le sionisme, le socialisme et la fraternité entre les peuples". En lieu et place de l'éditorial le dirigeant du kibboutz Artzi, Meir Yeari publiai un article annonçant que: " La sensation que quelque chose allait se passer est partagée par tout le Yishuv. Des milliers de cœurs battent dans l'attente de la parution de Mishmar". Le premier comité éditorial fut composé d'hommes politiques membres du Kibboutz Artzi, Mordechai Bentov, Jacob Amit et Eliezer Peray (Péri). Le graphisme du nouveau journal était réalisé par Ruth Shloss et Jonathan Simon, et le responsable de la rubrique littéraire était le poète Abraham Shlonsky. 
 
A ses débuts, le journal ne comptait que quatre pages, en raison de la limitation sur l'utilisation du papier en temps de guerre, mais au fil des ans, il développa des rubriques spécifiques et un graphisme qui le rendirent immédiatement identifiable. La rubrique destinée aux enfants qui paraissait généralement à la veille des fêtes se transforma à partir de 1945 en un journal pour enfants Mishmar Layeladim, rédigé par l'équipe du quotidien. En 1943, à la suite de la publication de l'annonce commune de tous les journaux du Yishuv sur les évènements de Ramat Kovesh et la réaction des autorités mandataires, Mishmar suspendit son tirage pendant une semaine, par solidarité avec les journaux dont la publication avait été interdite. Á la fin de la deuxième guerre mondiale, il dû faire face à la censure mandataire qui interdisait l'utilisation de termes définissant l'opinion du Yishuv face aux limitations du "Livre Blanc". 
 
A partir de l’année 1946, Mishmar devint le porte-parole du Parti de la Jeune Garde (Miflagat Ha-Shomer Ha-Tzaïr). En janvier 1948 fut créé le Parti ouvrier unifié (Mapam), qui rassemblait le Parti de la Shomer Ha-Tzaïr, le mouvement Pour l’Union du Travail dont la plupart des dirigeants venaient des villages du Kibboutz Hameouhad, et le mouvement des Ouvriers de Sion de Gauche (Poalei Tsion Smol). A la suite de cette unification, Mishmar changea son nom en Al Ha-Mishmar et des membres du Kibboutz Ha-Meouhad se joignirent au comité éditorial du journal. En parallèle à Al Ha-Mishmar, le Mapam publia également une revue adressée à la jeune génération de ses membres, Ba-Shaar. A la suppression de celle-ci, un groupe de jeunes écrivains rejoignit le journal, et fut chargé de la publication de son supplément littéraire, Massa. Ce dernier fut le foyer d’un groupe célèbre d’écrivains du nom de Dor Tachah - Génération de l'an 5708 (=1948). Massa resta le supplément de Al Ha-Mishmar jusqu’à l’éclatement du Mapam en 1954, puis devint celui du quotidien La-Merhav. Bien que la rédaction du journal ait été composée de représentants de tous les courants du parti, elle resta le patrimoine du Kibboutz Artzi, et même si ses articles ne reflétaient pas directement les controverses qui ont agité le parti, il exprima surtout les positions de la Shomer Ha-Tzair. 
 
Durant la période où le journal fut le porte-parole du Parti unifié, la rédaction se consacra à des manœuvres politiques compliquées. Vis-à-vis de l’extérieur, le journal préservait un aspect unifié qui dissimulait les controverses internes entre les composants du parti. Au nom de l’orientation prosoviétique de celui-ci, la rédaction refusa de publier un article sur l’élimination des écrivains Yiddish en Union Soviétique. Le journal ne se fit même pas l’écho du débat interne concernant l’entrée au gouvernement et la rédaction prit l’habitude de ne publier les informations sur la vie du parti qu’après l’autorisation de la direction du Mapam. La controverse au sein de la rédaction entre les membres du Kibboutz Ha-Mehouhad et ceux du kibboutz Artzi atteint son sommet sur la question de la place consacrée aux propos des dirigeants respectifs des deux mouvements. Meir Yeari se plaignit dans une lettre personnelle à la rédaction d’une inégalité par rapport aux autres dirigeants du Mapam : « J’ai eu droit à moins de 50 lignes…Galili a eu droit à 70 lignes ». Les membres du Kibboutz Ha-Mehouhad se plaignirent en permanence du fait que le journal ignorait les apparitions publiques d’Itzhak Tabenkin. Le refus de la rédaction de publier un article de Tabenkin fut le motif de la parution du journal La-Merhav et de la scission du Mapam. 
 
Après la scission du Mapam, Al Ha-Mishmar recommença à exprimer les positions du kibboutz Artzi, mais la distance prise par rapport aux positions prosoviétiques du parti, permit à des opinions plus variées de s’y exprimer, et le journal devint une école de presse pour de nombreux jeunes journalistes qui y acquirent des compétences qui leur permirent de passer par la suite à d’autres journaux. Bien que journal de parti, Al Ha-Mishmar ouvrit ses colonnes à des opinions différentes, à côté de l’éditorial qui exprimait les positions officielles du parti. Cette dualité trouva son expression claire vers la fin des années soixante, avec la parution d’un nouveau supplément, destiné à la jeune génération à l’intérieur et à l’extérieur du parti, Hotam. Créé en mars 1964, celui-ci était l’organe de la division des jeunes du parti. Il parut au début comme revue indépendante, mais fut intégré à Al-Ha-Mishmar à partir de janvier 70, et devint son supplément hebdomadaire. 
 
Après l’établissement du gouvernement Likoud-Maarah en 1984, le Mapam se sépara du Maarach )le bloc unifié des partis ouvriers) et son journal devint le quotidien de l’opposition. La tension entre la rédaction d’Al Ha Mishmar et la censure, qui existait toujours, atteint alors son apogée. Á la suite de la publication d’informations qui n’avaient pas obtenues l’aval de la censure, Al Ha-Mishmar reçut une amende ferme d’un demi-million de shekels et une amende sursitaire d’un montant d’un million de shekels. En signe de protestation, il publia une série d’articles parsemés de taches blanches. Le journal s’adressa même au président du Conseil de la presse, Yeoshua Rotenshtreich, pour obtenir sa protection contre la censure, mais ses relations problématiques avec celle-ci se poursuivirent jusqu’en 1985. 
 
A partir de la seconde moitié des années quatre-vingt, le Kibboutz Artzi, propriétaire du journal, connut une grave crise économique. Pour sortir de ses dettes, il ferma un certain nombre d’organismes et de cadres qui pesait sur ses finances. Malgré l’endettement relativement faible d’Al Ha Mishmar envers la caisse du Kibboutz Artzi, il fut décidé de fermer le journal. Son dernier numéro parut le 31 mars 1995. Ainsi le premier des journaux de parti du pays, créé pour des raisons politiques fut démantelé pour des motifs économiques.
 
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Ce matériel est presenté grâce à: La foundation:

Yad Yaari, HaShomer HaTzair Institute for Research and Documentation 

 

Publications disponibles sur le site:
7,337 Publications
42,264 Pages
Entre les années: 1943-1969

 

Ce matériel forme partie des collections des institutions suivantes:
La Bibliothèque nationale d’Israël

 

État de la copie: Bon
La copie du microfilm est en très bon état. Il y a parfois de légères salissures sur le bord des pages qui proviennent de la manière dont le journal a été conservé.