Moria

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Moria
Fréquence: hebdomadaire, bimensuel (1910) ; quotidien (1912)
Langue: Hébreu
Période:
1910 - 1915
Lieu de publication: Jérusalem (en Palestine ottomane)
Rédacteurs: Yehouda Aaron Weiss (fondateur) ; Itzhak Yaakov Yelin (1910-1915)

Organe orthodoxe qui s'était fixé pour but de servir de porte-parole aux cercles modérés parmi les orthodoxes de l'ancien Yishouv. 

Le déclin du journal "Havazelet", à l'orientation orthodoxe-hyérosolomite caractéristique, la renaissance du journal "Ha-Zvi" d'Eliezer Ben-Yehouda, extrêmement critique vis-à-vis des cercles orthodoxes, ainsi que la parution de "Hérout", organe de la population séfarade, qui rejoignit les rangs de la presse laïque, incita l'imprimeur de Jérusalem Yehouda Aaron Weiss à lancer un nouveau journal, qui servirait d'organe au judaïsme orthodoxe, lutterait contre les tendances à la laïcisation qui se développaient à cette époque parmi la jeunesse de la ville, tout en adoptant une ligne modérée, en signalant les défauts de l'ancien Yishouv et en luttant pour les corriger. 

Weiss acquit la collaboration de R. Moshé Samuel Sheinboim (5635-5708), et ensemble ils s'adressèrent aux autorités turques afin d'obtenir les autorisations nécessaires, à la fois pour l'ouverture de l'"imprimerie Moria", inscrite au nom de Sheinboim, et d'un journal, au nom de Weiss; tous deux étant sujets autrichiens, ils utilisèrent pour cela les services du consulat d'Autriche. Ils durent s'engager par écrit à ne pas publier d'articles contre le régime ni le gouvernement, et à se soumettre à la juridiction des tribunaux ottomans. D'après la loi, le rédacteur responsable devait être sujet ottoman et propriétaire; c'est pourquoi R. Yaakov Margovsky fut appelé à se joindre à l'entreprise de la publication du journal, et pendant toute la période d'activité de "Moria" le nom de Margovsky parut sous le nom de l'éditeur sur tous les numéros, comme "garant". Son absence du pays pendant la période de la première guerre mondiale fut l'un des motifs de la fermeture du journal par les autorités. Le journal prit le nom de l'imprimerie dans laquelle il vit le jour, "Moria" (écrit sans points voyelles jusqu'au numéro 321), appellation qui mettait également en relief son orientation religieuse. Le premier numéro vit le jour le 6 mai 1910. 

Son rédacteur en chef Itzhak Yaakov Yelin fit ses études dans un Talmud Torah, puis à la Yeshiva Etz-Hahaiym. Il arriva au journal par l'intermédiaire de Weiss à l'âge de 25 ans seulement, mais déjà connu pour ses grandes capacités d'écriture journalistique grâce à ses articles et ses chroniques publiés dans le journal "Havazelet". Les articles de Yelin remplirent les colonnes de Moria dès le début, et à partir du numéro 12 il en devint officiellement le rédacteur en chef. Il rédigeait les éditoriaux et des articles polémiques et était responsable entre autres de la traduction des nouvelles de l'étranger. Parmi les autres collaborateurs et participants permanents du journal, on peut citer entre autre R. Abraham Aaron Zonenfeld (5638-5672), militant politique, R. Israël Bardaki (5649-5730), chantre de la synagogue "Hahourva" et directeur de la "Hevra Kadisha" ("Société du dernier devoir") de Jérusalem après la création de l'Etat; R. Samuel Aaron Weber (5645-5740), qui fut, bien après, le secrétaire général du Grand Rabbinat d'Israël, Walter Yaakov Sherman (5635-5698), journaliste, écrivain et polémiste qui quitta la rédaction et passa au camp national (en 5674), d’où il prit l'habitude d'attaquer "Moria" dans les pages du journal "Hérout". Le rabbin Abraham Itzhak Hacohen Kouk, rabbin de Jaffa, publiait lui aussi fréquemment des articles et des réactions dans les pages du journal. L'un des traits caractéristiques de "Moria" était que ses articles qui critiquaient l'ancien Yishouv étaient généralement signés sous des noms de plume, par crainte des réactions hostiles possible. 

Il n'existe pas de données fiables sur la diffusion de Moria. D'après le témoignage des rédacteurs, le premier numéro fut vendu à plusieurs milliers d'exemplaires, mais il semble que ces chiffres expriment l'enthousiasme et l'intérêt qu'éveilla le journal à sa parution, et non le nombre permanent de lecteurs, hypothèse renforcée par le fait que "Moria" fut fermé deux fois: en septembre 1912 (pour deux semaines) et en avril 1913 (pendant cinq mois) pour difficultés financières. Le journal reparut après que la Commission générale des institutions de l'ancien Yishouv ait pris en charge son financement; mais si cette mesure le transforma en quotidien et en porte-parole officiel de l'ancien Yishouv, il fit perdre à Weiss son influence sur la politique du journal. 
Parmi les principaux sujets traités dans les colonnes de Moria tout au long de son parcours, on trouve un appel à l'unification des institutions administratives de l'ancien Yishouv ashkénaze autour d'une direction élue et unifiée; la demande d'élection d'un rabbin ashkénaze pour Jérusalem, la communauté étant restée sans berger spirituel au début de l'année 5673, ainsi qu'une lutte permanente pour le renouvellement des yeshivas, la mise en place de changements et la modernisation de l'éducation qui y était donnée, afin de préparer leurs étudiants à la vie pratique. Moria prêcha pour une solution du problème de l'emploi des jeunes de l'ancien Yishouv de Jérusalem afin qu'ils puissent gagner leur vie dignement et ne pas dépendre d'un soutien financier; il dénonça constamment ceux qui tentaient de "franchir les barrières", ainsi que la laïcité qui se développait dans l'éducation et dans la vie publique, en insistant sur le danger du remplacement de la religion par le nationalisme. Dans la guerre des langues qui éclata en 5673 Yelin, pour des raisons peu claires, prit le parti de la société "Ezra" et de l'enseignement en allemand, contre l'avis des dirigeants de l'ancien Yishouv. 
Bien qu'il se soit agit d'un journal local de Jérusalem, se démarquant du sionisme et opposé à la laicité, Moria fit preuve d'ouverture dans ses articles d'actualité sur Israël et dans le monde, concernant ou non le monde juif. C'est ainsi qu'il publia, par exemple, des comptes-rendus des congrès sionistes et du procès Beylis (1913), et couvrit des évènements politiques en Turquie, de même que les circonstances qui conduiront à l'éclatement de la première guerre mondiale, ainsi que son déroulement. Avec l'éclatement de la guerre, le journal fut réduit à deux pages. Son dernier numéro parut le 11 janvier 1915, suite à quoi Moria fut fermé sur l'ordre des autorités ottomanes. 
 
Mots clés:
, Jérusalem
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Publications disponibles sur le site:
693 Publications
2 602 Pages
Entre les années: 1910-1915

 

Ce matériel forme partie des collections des institutions suivantes:
 La Bibliothèque nationale d’Israël

 

État de la copie: Bon
La copie du microfilm est en bon état. Elle présente cependant certains problèmes liés à la fois au stockage des journaux et à l'impression d'origine: parties foncées, gribouillis, étalement d'encre, caractères flous et reflet du texte de la page verso.