Doar Ha-Yom

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Doar Ha-Yom
Fréquence: quotidien
Langue: Hébreu
Période:
1919 - 1936
Lieu de publication: Jérusalem (Palestine/Eretz-Israël)
Rédacteurs: Itamar Ben Avi (1919-1928), Zeev Jabotinsky (1928-1931), Itamar Ben-Aviv (1931-1933), Shlomo Perelman et Pessach Ginsburg (1933), Pessach Ginsburg (1933-1936)

 

Le premier numéro de Doar Ha-Yom vit le jour le 8 août 1919. Le journal fut créé par Itamar Ben Avi et son père Eliézer Ben Yehouda. Dans l'éditorial du premier numéro, on pouvait lire: "il est temps pour la jeune Eretz Israël, et en particulier pour ses natifs de plus en plus nombreux, de faire connaître leurs aspirations et leurs exigences… Nous sommes les passereaux que les juifs de la Diaspora ont invoqués pendant mille huit cent cinquante ans, les nouveaux Hébreux chantés par ses poètes et dépeints par ses écrivains…Nous aspirons à rester orientaux partout où nous irons et dans tout ce que nous ferons… comme l'étaient nos pères avant nous et comme le serons sans doute tous nos fils demain…et occidentaux – tous ensemble…notre cœur est assoiffé de connaissance et de progrès…Faites venir à nous l'électricité et la lumière, l'avion et la radio". 
 
Itamar Ben Avi qui avait participé auparavant à la rédaction des journaux de son père, chercha à créer un nouveau quotidien qui reflèterait l'esprit léger des journaux populaires d'Europe occidentale (surtout en France), où il avait vécu pendant plusieurs années, et contiendrait des informations à sensations, des romans feuilletons et des poèmes. Ainsi se créa dans le nouveau journal un mélange complexe et surprenant entre un journalisme hébraïque de tradition judaïque, un "journalisme jaune" à sensations, et une conception nouvelle "native" de Palestine. 
 
Le nom du journal est une traduction de l'appellation du quotidien britannique répandu et réputé populaire, le Daily Mail (en anglais, le journal de Ben Avi s'appelait d'ailleurs le Palestine Daily Mail). Les premiers collaborateurs de Ben Avi à la rédaction du journal étaient principalement des natifs de Palestine, qui trouvaient Ha-Aretz excessivement conservateur dans sa rédaction, et trop sous influence russe. Le journal rapportaient des nouvelles de Jérusalem et des grandes villes, des agglomérations agricoles et des diverses communautés juives et institutions dirigeantes du mouvement sioniste, et par l'intermédiaire des agences de presse, relataient les évènements qui se déroulaient dans le monde, en Europe, dans le monde arabe et aux Etats-Unis. Sa rubrique littéraire a été rédigée entre autre par Avigdor Hameïri. Le journal fut publié de manière continue d'août 1919 à juin 1936. 
 
Doar Ha-Yom devint un quotidien du matin en 1925, pour se différencier du journal Ha-Aretz qui paraissait l'après-midi. En 1928, son prix fut diminué à un demi grush, pour faire la concurrence à Ha-Aretz et à Davar qui coûtaient un grush. Le quotidien atteint à son apogée une diffusion de 7000 exemplaires, en décembre 1928, diffusion qui en fit le journal le plus lu du pays. Ben Avi l'utilisa pour introduire ses innovations linguistiques, comme les mots "pickpocket" (Kaïs), "automobile" (Mehonit), et "indépendance" (Hatsmaout); le journaliste Ori Kisari y utilisa pour la première fois le mot "Tsabar" dans son sens positif. En tête du journal fut placée en décembre 1922 la phrase: "Eliézer Ben Yehouda disait: Parle hébreu et tu seras guéri". 
 
Pour Ben Avi, le journal devait être le porte-parole des natifs de Palestine, ceux de la deuxième génération de la première Alyah et ceux des anciennes familles séfarades. Il était de droite pour les sujets économiques et politiques, et contestait l'hégémonie socialiste croissante au sein de la communauté juive de Palestine. Le journal soutenait les intérêts des producteurs d'agrumes dans les agglomérations agricoles et des commerçants et des entrepreneurs dans les villes, et prônait division de de la Palestine en cantons répartis entre juifs et arabes. Il critiquait âprement les dirigeants du mouvement sioniste comme Arthur Rupin et Menahem Ussishkin ainsi que les institutions à la tête du mouvement sioniste. Jusqu'en 1928, il compta parmi les journaux sans rattachement politique. 
 
Les titres de sa première page étaient dramatiques et pleins de pathos, en gros caractères, suivis de sous-titres et de photos. Il accordait une large place aux faits divers et aux catastrophes naturelles, comme les vols, les assassinats, les tremblements de terre et les inondations, les accidents, le sport et les potins. Les tendances de Doar Ha-Yom provoquèrent d'amples polémiques: Moshé Glickson l'accusa dans Ha-Poel Ha-Tsair d'être un "journal jaune", et soutint qu'il portait "de plus en plus atteinte à notre conscience nationale et culturelle". En mars 1921, dans un article d'opinion publié dans Ha-Aretz, il affirma que Doar Hayom "sape de jour en jour tout notre travail de construction et de résurgence". Ben Avi répondit à cela par en écrivant: "Ha-Aretz est peut-être décent, mais ce n'est pas un journal; Doar Ha-Yom n'est peut-être pas un journal décent, mais c'est un journal". 
 
En décembre 1928, Ben Avi transmit le journal en bail à son ami Zeev Jabotinsky. Celui-ci le transforma en un journal de parti, et son contenu devint plus sérieux. Bien que la diffusion ait augmentée au début, le changement de style conduisit rapidement à sa baisse. En juillet 1929 Jabotinsky quitta le pays, mais son nom continua d'apparaître dans le journal comme celui du rédacteur en chef. Jabotinsky transmit la rédaction à Shlomo Epstein, mais celle-ci fut en fait assurée par trois autres personnes: Aba Ahimeïr, Wolfgang von Weisel et Yehoshua Yavin. Tous trois étaient plus extrémistes que Jabotinsky et reprirent le style à sensation, mais cette fois dans un but idéologique. Aba Ahiméïr publia à cette époque une série d'articles intitulée «Carnet de notes d'un fasciste». 
 
A la fin du bail de deux ans, en janvier 1931, Ben-Avi chercha à revenir à la version commerciale du journal. Les membres du mouvement révisionniste refusèrent de lui rendre la rédaction et ne renoncèrent à leur contrôle qu'après un violent conflit. Le premier numéro après le retour de Ben-Avi à son poste de rédacteur en chef sortit le 22 février 1931. Selon lui, le journal revint à une diffusion de 5000 exemplaires par jour, mais il s'embourba dans des difficultés financières. En juillet 1933, Ben Avi démissionna de son poste. 
 
Après son départ, Shlomo Perelman et Pessach Ginzburg en devinrent les rédacteurs en chef. Perelman ayant quitté le journal, Ginzburg resta l'unique rédacteur. Il l'orienta vers la classe moyenne urbaine et les habitants des anciennes agglomérations agricoles, et son style passa du journalisme à sensation à une tonalité sérieuse et réfléchie. La diffusion baissa encore. En 1935, il fusionna avec Ha-Boker, le quotidien des "sionistes généraux", à la ligne idéologique identique, mais la fusion échoua. La même année, il fut acheté par l'éditeur juif allemand Léo Wintz, qui fit passer la rédaction à Tel-Aviv. Mais celle-ci revint à Jérusalem un mois plus tard, en avril 1936, à la suite de la grande révolte arabe. 
 

Le journal fut fermé, en juin 1936, après que l'imprimerie et les papetiers aient refusé de continuer de l'imprimer en raison de ses dettes. Ses derniers numéros furent diffusés avec ceux du journal Hadashot Haharonot (Les dernières nouvelles), créé par l'équipe de la rédaction de Doar Ha-Yom. Après sa fermeture, les droits du journal restèrent aux mains de Léo Wintz, qui tenta en janvier 1940 de le refaire paraître, dans un format réduit, pendant un mois, mais la tentative échoua et le journal fut définitivement fermé.

 

 

Mots clés:
, Jérusalem,
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Publications disponibles sur le site:
4 871 Publications
23 804 Pages
Entre les années: 1919-1936

 

Ce matériel forme partie des collections des institutions suivantes:

La Bibliothèque nationale d’Israël

 

État de la copie: Bon
Le microfilm est en très bon état. Il existe parfois des problèmes dont l'origine provient des conditions de stockage du journal: traces de pliure et reflet du texte de la page opposée.